Hier, devant des spécialistes et des diplomates de différents pays, Gordon Brown a fait une annonce qui risque de tendre fortement les relations entre Paris et Londres sur le sujet sensible par excellence: la force de frappe.
Dans le cadre des négociations de désarmement nucléaire entre la Russie et les Etats-Unis qui commencent et en préparation aux discussions sur le renouvellement du Traité de Non Prolifération, le Premier ministre britannique a déclaré qu'il était prêt à réduire le nombre de têtes nucléaires de son pays ("moins de 160" actuellement, dit-il) si cela permettait d'aboutir à un "grand bargain" est-ouest.
Or c'est justement ce que la diplomatie française veut absolument éviter: intégrer les armes européennes (autrement dit anglaises et françaises) dans le grand décompte.
Dans les années 80, quand Gorbatchev et Reagan ont décidé de réduire drastiquement leurs arsenaux, la France et la Grande Bretagne sont parvenues, avec beaucoup de difficultés, à ne pas être inclues dans le calcul américano-russe..
Cette fois, Brown a-t-il déjà cédé et va-t-il obliger Sarkozy à faire campagne seul - et à contre courant?
Le président de la République peut faire valoir qu'il y a un an, à Cherbourg, il a déjà annoncé une réduction d'un tiers de l'arsenal français avec l'objectif d'atteindre à terme "moins de 300 têtes nucléaires".
Mais Gordon Brown, qui avait déjà annoncé une forte réduction en 2006, se dit prêt à aller plus loin encore et à prendre la tête de la campagne de désarmement chère à Obama et même de la campagne "Global Zero" qui vise à un monde totalement dénucléarisé.
A l'Elysée on voit bien le risque: que la France soit montrée du doigt, au sein même de son camp, cette "famille occidentale" dont on a justement rejoint hier toutes les structures...
Comment va-t-on sortir du piège de Brown?
Mystère.





